
Label(s): Def Jam, Roc Nation, Roc-A-Fella
Genre(s): Hip-Hop / Soul
J’ai beaucoup aimé cette phrase dégottée dans le Parisien : « C’est un peu comme si, dans les années 1980, Michael Jackson et Prince avaient fait un album ensemble« .
De suite on peut se dire que les deux artistes sont mis sur un piédestal de trop, quand nous lançons une comparaison de la sorte, mais en étudiant l’album en profondeur et en prenant du recul sur la carrière de chacun des deux protagonistes ça semble tellement facile d’imaginer quelque chose comme ça que je continuerai à dire la même chose sur leur cas.

Du coup Watch The Throne est dispo au format digital depuis bientôt deux semaines et sortira au format physique dès demain. On peut dire que j’ai compté les jours pour cet album, un album qui réunit deux barons du hip-hop ça n’arrive pas tous les jours, enfin nous y sommes, après plus d’une dizaine d’écoutes je me suis fait ma petite idée sur la chose.
Il faut savoir que cet album n’était pas prévu depuis bien longtemps au final, il y a un an ils parlaient d’un maxi pour ensuite transformer ça en long format, qui s’est vu être enregistré dans divers endroits, Paris, Adu Dhabi, et enfin l’Australie (le reportage se passe d’ailleurs en Australie). La règle d’or était que les deux compères devaient enregistrer ensemble, et non pas s’envoyer des brides de prod’ pour inspirer l’autre, au final l’album s’est clôturé sur les terres de Jay-Z, dans un hôtel à New York.
Ricardo Tisci s’occupe des artworks, à ce propos le booklet est assez cool. Je ne sais pas si vous avez fait attention à ça mais cet album peut aussi rentrer dans le TOP des albums qui n’ont pas été leakés avant leur sortie. Une galette autant attendue sans même un seul extrait involontairement lâché, nous avons simplement eu le droit à H.A.M et Otis, en plus des quelques extraits dans un documentaire, et ça n’est pas rien !

Pour rentrer dans le vif du sujet, les collaborations de ce disque impressionnent de part leurs diversités et leurs qualités. La crème de la crème comme dirait l’autre, Beyoncé, Swizz Beats, The-Dream, Mr. Hudson, Justin Verron, Elly Jackson, Frank Ocean, No I-D, RZA, Pharell Williams et Q-Tip, ouch.
Un petit tour de piste avec impressions & featurings s’impose, à commencer par No Church In The Wild en featuring avec Frank Ocean. Ici, nous sommes en face d’une prod’ digne de l’avent dernier Kanye West, 808s & Heartbreak, très minimaliste avec Frank qui pose sa voix entre deux punchlines des deux protagonistes.
Ensuite on a le droit à l’un des morceaux que j’attendais le plus, Beyoncé qui a lâché une belle chiure (son album 4), devait quand même remonter un minimum dans mon estime avec Lift Off, et c’est bel et bien chose faite ! Différentes phases dans ce titre, un début bien Beyoncé-style, puis quelques secondes où nous nous croyons à la NASA pour terminer sur quelque chose de posé qui va parfaitement bien finaliser le titre et qui nous donne de suite un indice sur l’un des producteurs. En effet cette sauce N*E*R*D nous laisse deviner que Pharell est derrière ça, en plus de Q-Tip d’ailleurs.
Niggas in Paris, le titre qui veut tout dire, à la base un petit snare qui laisse arriver une instru très gangsta shit, on termine le morceau sur un break dubstep/breakbeat où s’ajoute la voix de Kanye, un piano, et une chorale pour donner un effet angélique au morceau, c’est beau. Le second single de l’album Otis n’a pas besoin de beaucoup de présentation, hommage certain à Otis Redding et sampling au top de sa forme en mode Gold Digger.
Jay-Z & Kanye West – Gotta Have It
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L’un de mes morceaux favoris, Gotta Have It avec Kanye et surtout The Neptunes à la production. Vous allez me dire, pas de grande créativité avec un sample de James Brown qui a ce dont on a besoin, une tuerie de 2 minutes 21. Le premier petit coup de mou avec bizarrement RZA à la production, mais le challenge était de taille : sampler du Nina Simone pour rapper agressivement dessus, mission impossible ? Je n’en sais trop rien en tout cas pour le coup le tout est un peu trop fade même si ça devait sûrement être l’effet escompté. New Day, la petite interlude donc.
Aïe aïe, mais Pharell n’est pas derrière That’s My Bitch ? Je ne comprends pas, une instru qui peut faire penser à du Jay-Z mais encore plus à du Pharell Williams. Vous reconnaitrez forcément la voix d’Elly Jackson de La Roux lors du refrain, Q-Tip qui tape quelques scratchs par tout ça, et voici That’s My Bitch.

Welcome To The Jungle, premier signe de vie de la part de Swizz Beatz qui signe une prod’ lancinante et superbement efficace, aucun rapport précis avec le morceau des Guns mais le groove est là, on en redemande. Nous arrivons maintenant en face de l’un des morceaux qui m’a rendu le plus impatient, Who Gon Stop Me est tout de même le titre qui prouve que la dubstep est maintenant omniprésente dans les divers genres musicaux. Mais tout de même, sampler l’un des anthems de chez Circus, I Can’t Stop de Flux Pavilion n’était pas mince affaire si ce qui allait autour n’était pas en phase.
Eh bien on peut dire que c’est en phase, un superbe morceau avec un changement de rive vers le milieu du morceau, et l’apparition de quelques samples du titre Runaway de Grum, de A à Z ce morceau envoie.
Jay-Z & Kanye West – Who Gon Stop Me
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Nous sommes à plus de la moitié de l’album et nous avons déjà trouvé notre lot de très bons morceaux, mais ça n’est pas terminé, Murder To Excellence est un titre particulier qui se passe en deux phases. La première, « Murder » produite par Swizz encore, et ensuite « Excellence » produite par Symbolic One, deux ambiances différences qui font un titre bien plus intéressant que Made In America. Ce titre est en quelque sorte le second interlude de l’album, Frank Ocean tente de nous bercer avec un beat plutôt plat, ça ne marche pas, passons à la suite.

Et quelle suite ! Dès les premières notes vous reconnaitrez le sample d’I <3 U So des Cassius, un titre qui a été et qui sera encore bien critiqué, mais en y réfléchissant c’est un samplage de samplage, quoi qu’il en soit le travail fournit pour donner un coup de fraicheur au refrain maintenant mondialement connu est une réussite. Mr Hudson qui pose sur le refrain, quelques ajouts de violon et un kick/snare retravaillé pour un rendu de toute beauté avec le B2B des deux compères qui se font plaisir sur ce titre, qui est le dernier de la version basique de l’album.
Jay-Z & Kanye West – Why I Love You (Feat Mr Hudson)
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Histoire de faire les choses bien on va tout de même terminer sur les quatre morceaux bonus, à commencer par Illest Motherfucker Alive, qui fait bien plus office d’outro que le titre précédent, les violons, les chants, tout est réuni pour brillamment terminer un album. Ensuite H*A*M qui avait fait planter Facebook lors du leak du titre souvenez-vous, la track est passée en bonus, et au final après avoir écouté le long format dans son intégralité on se rend vite compte que ce titre typiquement originaire de Miami avec des ambiances à la Rick Ross ne fait pas partie des meilleurs.
Nous devons Primetime à No I-D et on le remercie grandement de nous offrir ce titre old school où Jay-Z se fait plaisir du début à la fin, à retenir parmi les meilleurs de l’œuvre. Et ENFIN The Joy hommage direct à Curtis Mayfield avec le sample de sa voix sur le morceau The Makings Of You. Le titre n’est pas inédit, il avait été distribué dans la série good fridays, série qui fut une époque faisait trembler les hashtag twitter, un très bon titre à 150% hip-hop, ils ont eu raison de lâcher ça en bonus.
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Je suis conquis, pas entièrement à cause de deux petites faiblesses (New Day & Made In America) mais si nous passons ça sur le compte des interludes alors ça passera comme une lettre à la poste. Jay-Z et Kanye West regardent le trône et malgré des avis très mitigés sur cet énorme projet je trouve qu’ils ont la place de caler leurs deux paires de miches sur ce trône en or massif. On oublie l’aspect « humain » et la prétention, l’égoïsme et l’égocentrisme de Mr West en ne pensant qu’à la musique, la musique hip-hop pour au final se retrouver avec l’une des perles de l’année.
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01 No Church in the Wild (ft. Frank Ocean)
02 Lift Off (ft. Beyoncé)
03 Niggas in Paris
04 Otis (ft. Otis Redding)
05 Gotta Have It
06 New Day
07 Prime Time
08 Who Gon Stop Me
09 Murder to Excellence
10 Welcome to the Jungle
11 Sweet Baby Jesus (ft. Frank Ocean)
12 Why I Love You (ft. Mr Hudson)

















J’adore H.A.M, elle a un coté epique totalement fou qui la rend puissante. Si je ne m’abuse c’est aussi le titre qu’il utilise (en instrumentale) pour introduire la Part.I de son live.
Sinon sur le reste de l’album j’ai vraiment accroché. La reprise d’I <3 U So est géante, même si c'est dommage que la part de violon que l'on entend a la fin n'as pas été un peu plus utilisé.
Très bonne review de l’album bertrand ! Pour ma part Murder To Excellence est simplement une orgie.
je suis toujours pas adepte de kanye west..