Pendant que j’écris ces quelques lignes nous sommes un triste jour de fête de la musique. Je préfère rester devant mon ordi, les yeux rougis témoignant du temps passé devant cet écran. La TV en fond me fait entendre l’enfantine voix de David Guetta, cette espèce de version Hype (parce que oui Hype n’est pas un compliment désolé) de 40 ans toujours blaireau en train de vomir son discours devant des spectateurs conquis et des chroniqueurs du Grand Journal totalement lobotomisés. Les propos du type au look de Surfeur de piscine à vagues sont les suivants : « Au départ je ne faisais que des lignes de basse et un beat et ça suffisait à faire danser les gens. Aujourd’hui je fais des mélodies, j’ai pioché dans beaucoup de styles. » Un peu plus tard « Avec Akon et Black Eyed Peas on a révolutionné la pop music aux Etats-Unis ».
En revenant des toilettes et essuyant ma bouche pleine de vomi, je regarde hypnotisé le messie de l’Amérique, venu délivré les peuples d’un sectarisme musical apparent. On aura tout vu, mais au risque de paraître comme un connard prétentieux qui s’amuse à faire une critique d’une proie facile je me suis posé une question : Pourquoi se tracasser à faire de la recherche musicale si au final on finit oublié dans les abysses de l’internet 2.0 alors que David Guetta est devenu directeur du Pentagone à la tête de l’antipiratage musical ?
Ça pourrait être le sujet de philo de 2022, à l’heure où Emma Leprince deviendra la révélation electro française, on aura déjà perdu le sens de toute musicalité et des types comme ce californien B.Lewis seront morts et jetés avec leur Akaï mpc et tout leur talent dans une fosse commune. On y arrivera, à l’autodafé du talent, sous ses faux airs de clubber du Cap d’Agde, David Guetta n’est que le pire des tyrans en devenir.
B.Lewis, reconnu pour hérésie mélodieuse et soulèvement contre un mouvement musical formaté, nous offre avec son cœur un album dans lequel il n’a pu choisir entre les morceaux issus de sa surproductivité. Il a donc décidé de nous livrer Science Within Reason composé de 31 morceaux. Pourquoi se compliquer la vie alors que, soyons honnêtes, il ne fera pas danser les bimbos d’Ibiza cet été ? Et bien malgré cela il réussit à nous injecter le soleil en intraveineuse, on touche San Francisco des oreilles et quand on se réveille en sursaut avec de la bave qui nous connecte directement à l’accoudoir on est toujours devant canal + mais c’est crypté et toujours plus musical que FUCK (n’ayez pas peur des mots) ME I’M FAMOUS (prononcer « phamouce »). On peut dire qu’il sait nous faire voyager B.Lewis et pas juste entre les quatre murs d’un club minable où une bande de beaufs hurlent « POPOLOPOPOPOOOOOPO » en pensant passer une bonne soirée.
Non vraiment faites moi plaisir et faites l’effort d’écouter Science Within Reason, parce qu’en plus de pouvoir apporter la paix plus facilement que le Dalaï Lama, c’est une magnifique preuve de recherche musicale qui va devenir un fossile archéologique. Nos descendants considérerons cela comme une aberration si des gens dénués de sens musical, et businessmen avant tout, continue de faire gagner à une industrie du disque digne de l’URSS en 89, ses derniers roubles.


















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