
Un vrai été londonien en plein mois de Mars. En bon touriste qui se respecte je marche la tête en l’air sans savoir où je vais, à se perdre à travers Hide Park ou trop occupé à regarder le look si extravagant et pourtant paradoxalement commun des jeunes Londoniens, je parcours les rues de Londres. Regent Street, Oxford Street, Brick Lane, on erre au fil des graffs sur les murs, des disquaires indé (BM music, Rough Trade), des bars et pubs qui jouent de la drum’n’bass en terrasse… Au détour d’une grande rue on nous intercepte. On nous propose un cd de Hip Hop à prix libre. £ 5 plus tard, je me retrouve avec un CD à la pochette pixelisée entre les mains. D’un coup on se dit qu’on s’est sûrement fait avoir avec une arnaque plutôt farfelue. Les blagues fusent sur un hypothétique disque vierge ou encore une unique piste se narguant bien de nous avoir roulé.
XYM – Pocket Fulla Coppers feat. Kaizlakazie
Aux antipodes de nos diverses idées, je mets la galette dans mon macbook (oui j’avais envie de me la péter) et découvre Xpand Your Mind : XYM a.k.a The Yorkshire Rapper. Un mec qui a gardé des valeurs bien singulières aujourd’hui, un talent et pourtant une faible présence sur les plateformes internet classiques. Un artiste qui préfère le contact pour vendre ses quelques albums qu’il a gravé lui-même dans son appartement londonien.
Je ne suis pas expert en la matière, et mon jugement peut-être erroné de peur de me dire que je me suis vraiment fait avoir mais je ne pense pas. Ce type a un flow sincère, des instru pas extravagantes, pas tapageuses, qui sont la pour poser le rythme, produites par des potes. L’accent british en rajoute vraiment une couche, une certaine classe en plus qui fait la différence. Il nous pose ses textes sur 16 titres avec un flow posé et racé. Ce jeune homme de 28 ans a du talent et mérite d’être un peu plus reconnu plutôt que de vendre son dernier effort devant un HMV où les cd ont déjà un prix ridiculement bas. L’industrie du disque n’est pas un business florissant mais ce genre d’action fait qu’on s’en souvient. On l’écoute avec encore plus de plaisir et une grosse fierté d’avoir acheté un album sans 10 $ pour une maison de disque, un label, un distributeur, un site internet et 1$ pour le mec derrière tout ça.
Allez écouter ce type, allez à Londres et baladez vous entre Oxford Street et Tottenham Court Road un samedi après-midi, vous ne le regretterez pas.




























